Comme je vous l’ai dit dans mes précédents articles, on nous a appris à confondre nos sentiments avec l’expression de ces derniers. Nous pensons que nos sentiments sont synonymes des comportements qu’ils engendrent ; par conséquent, la colère consiste à hurler, la peur à trembler et la tristesse à pleurer. Pourtant, nos sentiments sont une chose et comportements en sont une autre. Nous pouvons être en colère sans crier, avoir peur sans trembler et être triste sans pleurer.

 

On nous a aussi appris à discipliner de dont nous ne pouvons avoir la maîtrise. On nous a éduqué à tenter de maîtriser notre colère, notre peur, notre joie, etc. On nous a dit qu’il ne fallait pas nous mettre en colère dans certaines situations, que nous n’avions pas le droit d’être tristes sans nous montrer faibles. Que de fois n’entend-on pas des parents dire à leurs enfants :

« Ne sois pas triste », « Tu n’as pas le droit de te mettre en colère contre moi » ou encore « Arrête de t’exciter ».

Ainsi, nous grandissons, convaincus de devoir, d’une façon ou d’une autre, maîtriser nos sentiments, mais sans savoir comment le faire. Le plus facile est donc de ne rien sentir du tout plutôt que de sentir quelque chose à des moments où il ne faudrait pas. Et quand nous ne parvenons pas à maîtriser nos sentiments, nous en concevons des remords et nous nous punissons d’avoir perdu le contrôle de nous-mêmes. Il n’est pas étonnant dès lors que nous considérions nos sentiments comme des ennemis, et qu’ils nous fassent peur !

 

En réalité, il est vain d’essayer de maîtriser ses sentiments puisque ce n’est pas possible. Il faut au contraire accepter ses sentiments sans peur, et s’attacher à maîtriser la façon dont les extériorisons. C’est plus facile à dire qu’à faire. Il y a toujours un petit décalage entre le jaillissement du sentiment et l’action consciente. Commencez par prendre conscience de ce décalage. Quand vous réagissez instantanément à vos sentiments, vous avez souvent l’impression que ces derniers vous ont submergé. Comprenez qu’il n’est pas nécessaire de réagir instantanément. Prenez le temps de décider ce que vous souhaitez véritablement exprimer. Admettez explicitement la survenue de votre sentiment en vous déclarant :

                    « Je me sens… » (furieux, triste, etc.) puis demandez-vous : « Que me faut-il faire ? »

Accordez-vous encore quelques secondes puis demandez-vous :

                                          « Comment me sentirai-je après avoir fait cela ? »

Si vous avez l’impression que vous vous sentirez mal à l’aise après avoir adopté cette ligne de conduite, abstenez-vous ; essayez autre chose. Si vous pensez que ça ira, allez-y. Dans le doute, ne faites rien : vous avez parfaitement le droit d’être dans l’incertitude. Si un tiers est concerné, dites-lui ce que vous ressentez et que vous ne savez que faire. Souvent, sa réaction vous éclairera. Entamez le dialogue sans exiger de votre interlocuteur une réaction immédiate. Rappelez-vous qu’en admettant l’existence de vos sentiments, et en les acceptant, vous cesserez d’en avoir peur. Tous vos sentiments, qu’ils vous plaisent ou non, sont normaux et naturels. Ils font partie de vous, ils ne sont ni bons ni mauvais, ni justes ni faux. Les sentiments sont ce qui nous distingue des robots. N’ayez pas peur de votre nature humaine, et vous cesserez de craindre vos émotions.

Monika ♥

 

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